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LES AVENTURES DU GARS QUI LANCE DES ECLAIRS :

 

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Christmas Eve

 

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BUCK MC COY :

 

Dans l'espace, personne ne vous entend ...

 

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Stan


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La déclaration du Cafard

La stratégie du cafard

La voisine du cafard

Christian et le cafard

Bertrand et le cafard

Jeremy et le Cafard

Sandra et le Cafard

Sandra et le Cafard, suite ... et fin.

Solène et le Cafard

Adopte un mec et le Cafard

L'humanité et le Cafard

La paternité et le Cafard

Margaux et le Cafard

Thierry et le Cafard

Nigel et le Cafard

David et le Cafard

Cindy et le Cafard

Julie et le Cafard

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Ali et le Cafard

Gérard et le Cafard

Nicolas et le Cafard

Chantal et le Cafard

 

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Grondement

4h37

Roaming not lost

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Seekin' U / You found me

Patagonia

Slipin'

Feelingmolder

 

HUMOUR

 

On peut (on peut pas)

Vire tes pieds ...

BVP - Gillette Venus

 

 

L'ivre dort

 

Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 11:51

    ─  Ne t'assieds pas là, c'est la chaise de ton père, lança brusquement Suzanne à son fils Pierre.Pierre, abasourdi, regarda sa mère puis son frère Martin. Après un moment d'hésitation, il bredouilla : 

    Mais, maman, papa est mort, il a disparu en mer il y a des semaines.

Un silence pesant tomba dans le grand salon. Dans la pièce se tenaient Suzanne, ses fils Pierre et Martin, sa fille Lucie et Robert, le frère de son mari Alain. On aurait dit que chacun retenait son souffle, aucun bruit n'était perceptible.

      Il m'a promis de revenir, il reviendra déclara calmement Suzanne en regardant l’horloge sur le mur. Maintenant, mangeons.

La suite du repas se déroula à peu près normalement, chacun mettant l'attitude de Suzanne sur le choc de la disparition de son mari. Alain et Suzanne s’étaient rencontrés au lycée et s'étaient mariés à vingt ans. Alain, issu d'une lignée de marins pêcheurs, était capitaine d'un chalutier et possédait quatre autres bateaux. Ils vivaient dans une grande maison bourgeoise près de la côte à quelques kilomètres de Brest où mouillaient les bateaux d'Alain. Suzanne, fille d’un riche éleveur de la région, n’avait pas eu le coup de foudre pour Alain. Elle avait d’ailleurs beaucoup de mal à comprendre ses amies qui s’engageaient dans une vie de couple sur les seules bases d’attraction physiques ou chimiques. Alain lui plaisait et elle se sentait bien avec lui. Ils se fréquentèrent donc régulièrement. Alain la comblait spirituellement et intimement et plus elle le connaissait, plus elle s’attachait à lui. Outre son être, elle appréciait sa patience et son opiniâtreté. Aussi, quand il demanda sa main à son père près de deux ans après le début de leur relation, elle fût remplie de joie.

Alain travaillait avec son père et Suzanne vendait les poissons à la criée, tout du moins jusqu'à la naissance de Pierre, trois ans après leur mariage. Elle s'était ensuite consacrée à ses enfants, Martin arrivant un an et demi après Pierre. Lucie, la petite dernière, vint deux ans plus tard.

Suzanne n'avait pas pleuré à l'enterrement d'Alain. Comment aurait-elle pu pleurer devant une boite vide ? Certes, les membres de l'équipage avaient vu Alain couler avec le chalutier, continuant à manœuvrer le navire déchiré par un petit iceberg pour leur permettre d'embarquer dans le canot de sauvetage, ce n'est pas pour autant qu'elle remettait en doute sa parole. Il lui avait promis de revenir.

 

Le temps passa, Pierre reprit l'affaire familiale et fit construire une maison non loin de là où il s'installa avec sa femme, Isabelle. Isabelle était une femme de Paris. Elle avait rencontré Pierre lors de vacances à la mer et n’était jamais rentrée chez elle à la capitale. Ils se marièrent trois mois plus tard.

Martin, lui, en voulait à la mer qui lui avait pris son père. Il abandonna ses études maritimes pour apprendre la vente et fonda une concession automobile Renault à Brest. Il ne mit plus jamais les pieds sur un bateau, que ce soit un chalutier ou un voilier. Il ne se maria pas non plus.

Lucie, elle, épousa le fils du second de feu son père et partit vivre avec lui à quelques kilomètres de là. Son mari devint capitaine d’un des bateaux de son frère et elle trouva un emploi dans la librairie près de chez sa mère.

 

Suzanne resta dans la grande maison. Souvent, on lui disait de la vendre pour aller s’installer dans une autre plus petite mais elle refusait. Comment Alain pourrait-il la retrouver si elle déménageait ? Isabelle, sa bru qui avait énormément d’affection pour elle, venait souvent lui tenir compagnie en journée. Elles papotaient et tricotaient autours d’un thé et allaient se promener sur le port quand le temps était clément. Isabelle admirait la force de l’amour qu’elle portait à son défunt mari. Lucie se joignait régulièrement à elles lorsqu’elle avait fini de travailler. Le soir venu, Suzanne se retrouvait seule au coin du feu, écoutant crépiter les bûches que ses fils lui fendaient, lisant un roman épique ou tricotant tout en jetant régulièrement un œil sur l’horloge acajou au mur. Elle l’avait acheté lors d’un séjour chez de la famille en Suisse, avec l’argent gagnée en travaillant sur les marchés et l’avait offerte à Alain pour son dix-huitième anniversaire, Alain avait été tellement touché qu’il lui avait promis de rester auprès d’elle jusqu’à ce que cette horloge réputée indestructible s’arrête. Elle ne s’était jamais arrêtée depuis.

 

Chaque dimanche midi avait lieu un déjeuner de famille dans la grande maison, Suzanne y tenait. Elle s'asseyait toujours à coté de la place d'Alain qui restait vide en bout de table.

    ─  Tu devrais sortir avec Jean Paul, maman, il t'aime beaucoup.

Suzanne renonça à expliquer une fois de plus à Martin que son cœur n'était pas libre. Son amour pour Alain était plus fort que le temps. Sa patience plus forte que la solitude. Même quand Lucie l'appelait "Pénélope", elle souriait. Elle ne sortit donc pas avec Jean-Paul.

 

Elle rencontra Edouard à une fête de charité organisé pour les notables de la région Edouard était beau et courtois. Il était aussi célibataire, ce qui était rare chez les hommes de trente cinq ans fortunés comme lui. Il avait passé le plus clair de son temps entre la France, les Amériques et l’Asie, faisant du commerce d’épices rares et d’objets d’art exotiques. Suzanne appréciait sa conversation et ses manières étaient prévenantes. Ils se fréquentèrent, partageant des déjeuners dans les restaurants de la ville, allant à des expositions et à des représentations de pièces de théâtre ou d’opérettes. Elle ressentit pour lui un petit béguin et en d’autres circonstances, il y aurait pu y avoir quelque chose de plus fort entres eux. Mais l’attirance qu’Edouard avait pour Suzanne dépassa ce que leur relation lui offrait. Il s’en ouvrit à elle et elle lui donna une fin de non recevoir. Ce fût la fin de leur relation. L’amour longuement et solidement bâti avec Alain était plus fort que tout les départs de feux qu’elle pourrait ressentir. Non pas qu’Edouard fût vexé mais plutôt contrit que Suzanne lui préféra un souvenir, voire un espoir ténu. Il s’éloigna donc d’elle et mit de nombreux mois à se consoler de cette déception.

Suzanne fût attristée mais ne vit par pour autant sa foi dans la promesse de son mari faiblir ne serait-ce d’un iota. Il lui avait promis de revenir et elle savait qu’il tiendrait parole.

 

Suzanne évita par la suite de fréquenter d’autres hommes. Elle avait peur qu’ils attendent d’elle plus qu’elle ne pouvait leur donner. Elle resta en famille, avec ses enfants et ses beaux enfants. Elle jardinait aussi. Elle s’occupait de la grande maison.

 

Le temps passa et cela eut deux effets bénéfiques pour Suzanne : elle fût moins attrayante pour les célibataires de la région ce qui lui accorda une certaine tranquillité qu’elle pût utiliser pour assumer son statut de grand-mère.

 

Le temps passa encore et si Suzanne acceptait de vieillir, elle refusait de mourir. Elle attendait le retour de son mari. Elle vit grandir ses petits enfants, vit naitre ses arrières petits enfants. Elle vit aussi partir ses enfants tandis qu’elle résistait encore et encore, ce qui fût sans doute la période la plus triste de sa vie. Le monde évoluait, tout autour d’elle changeait mais elle restait fidèle à son mari. Elle savait qu’il reviendrait, elle avait juste à l’attendre.

 

Un soir comme les autres, elle descendit dans le jardin pour boire une infusion. C’était la fin mai et l’air était doux. C’était la période où l’on entendait l’été hurler son impatience de chasser le printemps pour venir réchauffer les corps et les cœurs. Suzanne s’assit à un bout de la grande table de jardin et regarda les branches jouer avec la brise du soir. Elle était bien, tout était calme en cette heure avancée. Minuit était sans doute déjà passé.

Soudain, tout s’arrêta. Le vent tomba d’un coup. Suzanne cru percevoir des bruits de pas spongieux et une forte odeur iodée. Dans la lumière ténue des lampes solaires du jardin, elle devina une silhouette venant vers elle. Son cœur s’emballa. Même après tant d’année, elle reconnaissait celui qui s’avançait : c’était Alain. Tandis qu’il s’asseyait face à elle, elle observa que son corps semblait être constitué d’eau. C’était bien les traits de son mari disparu mais aucune trace de sa chair ne subsistait. Comme si son esprit avait refusé de disparaitre avec cette dernière et s’était fabriqué un corps de substitution avec la mer pour venir honorer sa promesse.

― Tu es enfin là mon Amour, lui dit-elle simplement.

― Excuse moi d’avoir été si long lui répondit-il simplement en tendant sa main liquide.

Elle tendit elle aussi sa main. Lorsqu’ils se touchèrent à nouveau, le corps aqueux d’Alain perdit toute consistance et se déversa dans le jardin tandis que Suzanne rendait son dernier souffle et s’autorisa enfin un repos bien mérité. Dans le salon de la grande maison, l’horloge en acajou s’arrêta pour toujours.

Un observateur attentif qui serait passé par là aurait alors pu apercevoir deux petites lumières s’élever vers le ciel en s’entremêlant et s’il avait été un peu romantique, il en aurait conclu que Suzanne et Alain s’étaient enfin retrouvés et pour toujours cette fois.

Par Warfair Eat Hell - Publié dans : Nouvelles
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 20:07

Chantal jubile. Elle exulte même par moment. A force de bataille, elle a réussi à convaincre le gouvernement de faire interdire les appareils qui signalisent les radars. Il faut dire que Chantal voue une haine viscérale à la vitesse. Ce qui m’a surpris et m’a amené à vous parler d’elle, c’est l’origine de cette abhorration.

 

En effet, quand j’ai remarqué l’engagement de Chantal pour la lutte contre la vitesse sur la route, je me suis intéressé au pourquoi du comment. Vous savez comme moi que ce qui motive un comportement est souvent plus beau que l’action elle-même.

J’ai d’abord imaginé que Chantal avait perdu un proche dans un accident de la route, vous savez, ce fait divers banal dans lequel la gentille famille meure à cause du vilain chauffard qui roule à 110 au lieu de 90. Et bien pas du tout. C’est bien plus vicieux.

 

Chantal a été mariée autrefois. J’ai passé de longues heures à l’écouter sans arriver à savoir si son ex-mari s’appelle Lotkonar ou Lotrankulé mais une chose est sûre : elle le déteste. Son ex a une grosse voiture allemande. De la façon qu’elle a d’en parler, ce véhicule rapide était sa principale source de plaisir. Elle répète souvent qu’il prend son pied au volant et qu’avec de plus en plus de radars non signalés, il va en baver. Elle jubile, elle exulte. Car elle, elle ne l’a jamais pris son pied, surtout avec lui.

 

Mesquin dites-vous ? Pas tant que ça. Une petite vengeance d’une mal baisée l’amène à se consacrer à une cause qui sauve près de 4 000 vies par an. Il en reste autant à sauver d’ailleurs. C’est un mal pour un bien je trouve.

 

Cependant, moi, petit Cafard que je suis, je me dis que c’est juste dommage que l’ex de Chantal soit un chauffard et non un violeur : elle aurait pu utiliser son énergie et son temps pour faire en sorte que le nombre écœurant de 75 000 femmes violées par an chute … même de 10%, ce serait bien, non ?

 

Bon, allez, bonne nuit, je file hiberner … 

Par Warfair Eat Hell - Publié dans : Cafard
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 06:46

Hier soir je suis allé me balader dans le huitième arrondissement de Paris. Il y a là-bas une jolie maison dans laquelle j’ai écouté le petit nerveux qui vous gouverne parler avec un de ses amis, ou de ses proches, ou de ses courtisans, je ne sais pas trop s’il a des amis à vrai dire.

Le sujet de la discussion était l’avenir du petit homme, de savoir s’il allait continuer à vous diriger ou pas. Cette façon que vous avez de choisir un chef est assez incompréhensible pour nous autres insectes. En effet, soit nous n’en avons pas, comme chez nous les cafards, soit ils sont déterminés à la naissance comme chez les fourmis ou les abeilles.
Vous, vous organisez une grande foire où chacun énumère des qualités supposées et annonce des cadeaux éventuels et c’est le plus crédible qui gagne. Pas le meilleur, pas le plus compétent, le plus crédible. Avant.
Ce n’est pas ça qui était intéressant. Ce qui m’a interpelé, c’est la motivation de Nicolas. En effet, après cinq années de règne, il semble clair qu’il n’est pas le plus performant à ce poste. De plus, ce travail n’est pas le mieux payé du monde. Alors qu’est ce qui pousse un homme à se démener autant pour cette fonction si ce n’est ni la conviction de pouvoir la remplir parfaitement ni l’enrichissement qu’il va en tirer ?

Si j’étais un tant soi peu capable d’une quelconque empathie comme vous autres humains, je penserais que c’est juste une question d’égo. Un challenge d’amour propre, une façon de dire aux autres sous la douche « hey les gars, c’est moi qui a la plus grosse » !!! Si tel était le cas, il faudrait vraiment avoir un besoin de reconnaissance immense pour avoir besoin d’en arriver là. Tous ces efforts, toutes ces bassesses, toutes ces douleurs.
Se tourner dès vingt ans vers la carrière politique est un signe fort à mon sens. La plupart des humains de cet âge que j’observe ne pense qu’à faire la fête, absorber des substances altérant l’esprit et s’entrainer à la copulation. Lui non. Il a préféré aller dans une voie qui n’a qu’un seul sens : accéder au pouvoir. L’homme politique ne sauve pas des vies comme un médecin, il ne construit pas de maison comme un maçon, il ne produit pas de nourriture comme un agriculteur. La politique est la voie de l’égocentrisme et de la soif du pouvoir, non ?
Bien sûr, certains disent qu’embrasser la carrière politique est une marque de dévotion à la nation et à la population. C’est possible, il doit y en avoir qui font ça pour ça. Mais tout cafard que je suis, je me demande où est l’abnégation et la volonté d’accroitre le bien être de ses administré quand on arrive à la fonction suprême à force de trahisons, de mensonges et de sacrifices comme il l’a fait.

Je suis un peu naïf, je ne suis qu’un insecte, mais je pense que le bon politicien est celui qui fait passer ce qui est bon pour la collectivité avant ce qui est bon pour sa petite personne. En connaissez-vous ?

Par Warfair Eat Hell - Publié dans : Cafard
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 13:01

Trailer :

Parfois on doute …
Parfois on se perd …
Parfois on fait des erreurs …

Il faut douter pour trouver des réponses.
Il faut se perdre pour se retrouver.
Il faut faire des erreurs pour apprendre à les éviter.



Il faut mourir pour pouvoir renaître …


Part 1 :


    ─  Bull, descend la cheminée, Dis, dévie la flotte sur lui, Hiwi, tiens toi prêt à lui envoyer des volts !!!
L’imposant Bulldozer fit s’effondrer ce qui restait de l’usine sur le bouclier de glace de leur ennemi. Celui-ci du s’en échapper pour éviter d’être écrasé et se retrouva pris dans le jet d’eau venant de la bouche à incendie que Dismover avait dirigé sur lui avec ses pouvoirs télékynésiques. Avant qu’il puisse réagir, Hiwire lui envoya une décharge électrique mesurée.
Hiwire s’était de nombreuses fois trouvé face à Chiller et à chaque fois se dernier s’en était tiré. Pire, il l’avait récemment humilié par deux fois, le faisant passer pour un incapable en public. Il était bien décidé à le battre cette fois-ci.
    ─  Av’, laisse moi le griller, ça s’ra plus simple !!!
    ─  Hiwi, on est ni des juges, ni des jurys … et encore moins des bourreaux !!! Assomme-le simplement.
Hiwire se concentra pour contenir l’intensité de sa décharge. Comme à chaque fois, il en souffrit, sentant les ampères lui brûler les entrailles. Il dut lutter contre son envie de se laisser aller et réduire Chiller en cendres. Seule sa loyauté envers Avatar le retint.
Enfin, l’homme de glace tomba inconscient et Hiwire pu arrêter sa décharge. Chiller était vraiment un coriace.
Doc Tronic lui mit un cercle de métal avec un boîtier autours du crâne.
    ─  Avec ça, s’il abaisse sa température de ne serait-ce qu’un demi degré, il va se prendre une décharge directement dans le cervelet, siège de l’équilibre …
Le capitaine de la police prit en charge Chiller dans un fourgon cellulaire.
    ─  Encore de beau travail de la part de l’Escouade leur lança-t-il. Bravo les gars !!! Et les filles ajouta-t-il à l’attention de Dismover et Swift.
    ─  Merci capitaine. Répondit Avatar au nom de son équipe. Allez, les enfants, on rentre …

Tous remontèrent dans l’hélijet de l’Escouade, hélicoptère modifié par Doc Tronic pour être plus rapide et maniable quelles que soient les conditions de vol.
    ─  Ça va Vince ? demanda Avatar à Hiwire.
    ─  Ouais, juste un peu nase … mais content d’avoir coincé cet enfoiré. J’espère juste qu’il va rester au trou pour un long moment, répondit le jeune homme d’un air boudeur.
    ─  Aies confiance en la justice lui répondit son mentor.

De retour au QG de l’Escouade, Vince déclina l’invitation d’Avatar à venir boire un verre avec les autres et rentra chez lui. Il avait eu beaucoup de travail avec l’Escouade et avait un peu négligé sa petite amie Anna ces derniers temps. Elle avait essayé de le joindre de nombreuses fois sur son portable mais n’avait pas laissé de messages. S’il avait pu lui expliquer qui il était, les choses auraient évidemment été plus simples, mais il ne se voyait pas révéler son secret à une fille de 21 ans qui pourrait, le jour où ils se sépareraient, s’en servir pour se venger de lui.
Il prit son courrier, rien que des factures en retard. Entre ses études et ses activités de super héros, il n’avait pas trop de temps pour travailler et c’était vraiment tendu pour lui au niveau budget.
Il ouvrit la porte, tout était sombre chez lui.
    ─  Anna ? Interrogea-t-il en allumant la lumière.
L’appartement était vide, une enveloppe était posée sur la table.
Il comprit tout de suite de quoi il s’agissait et l’ouvrit machinalement.
Vince,
J’aurais aimé te dire ça de vive voix, ou au moins au téléphone, mais tu es pire qu’un fantôme. Je ne peux plus supporter tes absences inexpliquées, tu n’es jamais là.
Alors, même si je t’aime, je ne peux continuer ainsi.
Ne m’en veux pas, tu es un garçon ext …
Il ne prit pas la peine de lire la suite car il connaissait ça par cœur. Il était un garçon avec plein de qualités mais jamais là. D’un autre coté, il savait qu’il ne pourrait pas vivre comme une personne normale alors qu’il avait des pouvoirs extraordinaires. Chaque personne qu’il ne sauvait pas était un poids pour lui et arrêter d’essayer de sauver le monde lui était totalement inenvisageable.
Il alluma la télé, se servit un whisky dose cow boy et s’affala devant une rediffusion de Sliders … il aimait bien la science fiction. Au bout d’à peine dix minutes, il s’endormit sur le canapé.


Part 2 :


Vince fût réveillé par les rayons du soleil levant. Il se maudit de n’avoir pas fermé ses volets et se leva pour aller aux toilettes. Revenant devant la télé, il zappa machinalement sur une chaîne d’informations, sorte de déformation professionnelle.
L’équipe des Dodgers a encore gagné à domicile 32 à 17 face aux Pelicans.
Justice : Le mutant Robert Namal, connu sous le nom de Chiller, a été relâché ce matin pour vice de procédure. On l’écoute à la sortie du poste de police :
    ―  Monsieur Namal, un commentaire ?
   ―  Je voudrais remercier la justice américaine d’être aussi bien faite dit-il en riant.
Et un message personnel : Hey, Hiwire, mon avocat est plus fort que tes éclairs !!!
Vince envoya une décharge qui fit exploser sa télé. Il s’habilla en hâte et sortit de chez lui.
A peine sa porte passée, il se souvint que sa moto était en panne vu qu’il n’avait pas assez d’argent pour la réparer. Il rentra chez lui, enleva ses fringue. Il portait son costume de la veille. Il monta sur le toit et s’envola jusqu’au QG de l’escouade.

    ─  Vince, calme-toi !!!
    ─  J’en ai plein l’cul, Av, ras la casquette !!! C’est bon, j’arrête !!! Ça sert à rien tout ça, à rien !!!
    ─  Pourquoi dis-tu ça mon ami ? Avatar essayait en vain d’apaiser son jeune disciple.
    ─  Je fais quoi ? Sauver des gens de catastrophes ou d’accident ? Pour une personne que je sauve ici, deux autres meurent là bas. Je reçois plus de lettres d’insultes que de remerciement. Quoi d’autre ? Arrêter des super-criminels ? T’as vu ? Hier on coince c’t’enculé de Chiller, ce matin il ressort libre comme l’air. Je vis dans un appart minable, j’ai aucune vie sociale parce que je partage mon temps entre mes études et mon activité de super-héros sensé sauver des gens … des gens biens, des gens moins biens, peut être des violeurs, des pédophiles, des assassins … Quel est le sens de tout ça ? Chiller est lui bel et bien un voleur, c’est un meurtrier, et il est en route pour sa villa avec piscine parce que le système judiciaire est pourri. Tu vois, j’aurais du le cramer hier. J’l’ai pas fait et s’il tue de nouveau, j’en serai responsable !!!
    ─  Vince … ne dis pas ça … on en a déjà parlé. Tu ne peux pas sauver tout le monde, tu ne sauves pas que des gens bien, mais chaque bonne personne que tu sauves en vaut la peine, non ? Ce n’est pas à nous de choisir qui doit être sauvé ou pas, on doit juste se contenter de le faire. Nous ne sommes pas des juges et encore moins des bourreaux. Ça peut sembler un peu candide comme façon de faire, mais ne crois tu pas qu’il est plus simple à vivre de sauver tout ceux que tu peux sauver y compris des personnes mauvaises plutôt que de prendre le risque de tuer un gentil parmi tous les méchants ?
    ─  Je sais plus Av … j’ai besoin de réfléchir … je vais faire une pause avec tout ça. Je quitte l’Escouade.
    ─  Si c’est ce dont t’as besoin, fais le. Je suis là si tu veux en reparler. Répondit Avatar.

Vince reparti du QG de l’escouade la tête pleine de question. Il marcha dans la rue, cela l’aidait à penser. Ah, s’il n’avait jamais eu ces pouvoirs, sa vie aurait été bien plus simple. Mais bon, il savait que pleurer sur ce qui n’était pas ne servait à rien et qu’il fallait mieux se concentrer sur ce qui était pour que les choses aillent mieux. Sa colère était un peu retombée, il se sentait juste las.
Il était perdu dans ses pensée quand il reçu une boite de conserve sur la tête.
    ─  Hey le héros, t’as pas mieux à faire que glander là ???
Il n’avait pas percuté qu’il était toujours en costume.
    ─  Ouais, ma femme a été agressée hier soir !!! T’étais où ? En train de dormir ? lança un autre passant.
    ─  Il préférait faire le beau dans son hélijet de riche !!!
    ─  Casse toi looser, même pas foutu de faire mettre Chiller en taule !!!
Vince sentit la colère revenir en lui, il fit face aux hommes qui l’invectivaient …
    ─  J’vous dois rien bande de débiles !!! J’ai sauvé le monde, sans moi, vous seriez morts depuis longtemps, alors allez tous vous faire enculer !!!
Ses provocateurs le regardèrent avec étonnement. L’un d’eux lança :
    ─  On s’le fait !!!
A peine eurent-ils parcouru quelques mètres qu’Hiwire leur envoya une décharge équivalente à un coup de taser. Tous tombèrent immédiatement au sol. Il s’approcha d’eux et leur dit :
    ─  La prochaine fois, ce sera en cendres que vous finirez … je suis un looser, je sers à rien ? Alors très bien. Hiwire va arrêter de sauver des pauvres crétins comme vous. Débrouillez vous sans moi dorénavant.

Sur ces paroles, il s’envola et alla se poser sur le toit d’un immeuble. C’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Fini de jouer les boys scouts pour récolter des insultes. Il allait vivre sa vie.
    ─  Bravo, belle réaction !!! Dit une voix derrière lui accompagnée d’applaudissements …
Hiwire se retourna.
C’était Shader …


Part 3 :


Instinctivement, il lui envoya une série de décharges d’électricité. Elles le traversèrent Shader comme s’il n’était que de la fumée.
    ─  Hey, doucement jeune homme, ça picote !!! Lança l’homme sombre en riant.
Ça picote ? pensa Hiwire ébahi. Je lui ai envoyé de quoi réduire en cendres un être humain et lui ça le picote. Il observa attentivement Shader. Il n’avait pas l’air tangible. Ce qui semblait être sa peau était couleur poussière de charbon tandis que des volutes de fumée noire sans cesse changeantes lui servaient d’habits. Ses yeux étaient ce qu’il y avait de plus troublant en lui. C’était comme si une multitude de petits spectres gris et blancs dansaient dans sa tête et passaient devant ses orbites, s’y arrêtant par moment … C’était la première fois qu’Hiwire le voyait, mais Avatar lui avait déjà parlé de lui.
    ─  Je veux juste te parler. Veux-tu bien m’écouter ?
    ─  Vas y, j’ai rien d’autre à faire et ça ne m’engage à rien.
    ─  Absolument. Bon, pour être honnête avec toi, ça fait un petit moment que je te suis, et je n’ai rien raté de ta discussion avec Avatar. Je suis content que tu aies découvert tout seul les limites du rôle de super héros. En effet, au final, à part quand il s’agit de sauver la terre, ça ne sert à rien. A ce sujet, moi et mes acolytes avons aussi œuvré contre les Twergs, même si ce fait a été tu. Pour faire simple, quand Avatar et ses boys scouts, ne le prends pas mal, hein, traite les symptômes de la maladie qui ronge notre monde, la violence, les catastrophes, etc., moi, je traite directement la cause. Les dirigeants de ce monde sont des politiciens avides, cupides et sans morale. Ils ont les médias à leurs bottes. Tu n’as jamais remarqué à quel point les informations étaient orientées ? Ce sont les plus grands criminels qui aient existés. J’agis à la fois en éliminant les branches les plus pourries de l’arbre et en m’appropriant certaines de leurs richesses. L’argent est le carburant de ce monde, je n’ai pas d’états d’âme à le voler pour l’utiliser contre les ennemis de l’humanité.
Hiwire fût estomaqué par le discours de Shader.
    ─  Tu vois Vince, (oui, je connais ton nom), voilà comment les choses fonctionnent avec moi : j’ai des acolytes, d’un nombre que je garde secret, qui ne se connaissent pas. Je leur propose des missions limpides, en leur expliquant pourquoi, et ils décident s’ils veulent les accomplir ou pas. Chaque personne éliminée le mérite sans doute possible. Veux-tu en être ?
    ─  C’est assez inattendu … mais pourquoi as-tu besoin de moi ? Pourquoi moi ?
    ─  Vince … regarde moi. Je suis l’obscurité dans la ruelle, la pénombre sous le lit, les ténèbres dans le parking souterrain … toutes ces choses qui font peur alors qu’elles sont inoffensives. Je suis le noir dans lequel pourrait se cacher des monstres, pas les monstres … Je suis immatériel, intangible. Je ne peux agir, juste me glisser dans les ombres, les fumées, les brumes pour être sûr que les missions que je confie sont justes …
    ─  Quelle serait ma première mission ? demanda Hiwire curieux.
    ─  Avant cela, si tu travailles pour moi, tu dois abandonner ce nom et ce costume. Hiwire était à la solde du pouvoir. Tu dois passer dans l’ombre, devenir sombre, car nos ennemis doivent nous craindre. La peur évite bien souvent l’affrontement. Si tu le souhaites, tu seras désormais Asher … je préfère que mes acolytes ait pour nom une action plutôt qu’un qualificatif, c’est plus dans l’esprit de mon combat.
    ─  Asher … celui qui réduit en cendres. C’est sûr qu’avec un tel nom, on va me craindre. Au moins, on me jettera plus de canettes à la tête. Ça me va. Je commence quand ?
    ─  Bien, je suis content de ta décision. Passe chez toi prendre tes affaires. Tu y trouveras une enveloppe avec l’adresse de ton nouveau loft. J’ai beaucoup d’argent, je veille donc au confort et au bien être de mes acolyte. Je t’y ferai livrer ton nouveau costume, noir bien sûr. C’est de toute façon plus classe que jaune et rouge. Tu y trouveras aussi les détails de ta première mission.
    ─  De quoi s’agit-il ?
    ─  Oh, tu vas adorer : il s’agit d’éliminer un de mes anciens acolytes qui s’est quelque peu fourvoyé dans des crimes sans rapports avec les missions que je lui confiais. Je te demande d’éliminer Chiller …
Un sourire illumina le visage de Hiwire … enfin, Asher pour être exact.


Part 4 :


Robert Namal, alias Chiller, arriva après moult détours à sa villa perdue dans la forêt. Shader savait choisir des lieux discrets pour ses acolytes ainsi que de bons avocats. Il essaya d’imaginer la tête de ce ptit con d’Hiwire quand il avait appris sa libération. Il savourait déjà la soirée de détente qu’il allait passer en regardant un bon film sur son plasma géant tout en dégustant un non moins bon vin français. Il pressa l’interrupteur du hall d’entrée et instantanément, tous les luminaires explosèrent.
    ─  Un problème d’électricité, Bob ? Demanda une voix ironiquement.
    ─  Hiwire ? C’est toi gamin ? Comment m’as-tu trouvé ? Répondit Chiller.
Il entendit des crépitements d’électricité venir de la pénombre.
    ─  Hiwire est mort connard, je suis Asher, et tu vas sentir la différence !!! hurla le jeune homme en se dévoilant à son adversaire. Chiller regarda interloqué l’homme en noir qui lui faisait face. Il arriva tout juste à esquiver deux éclairs en se jetant à terre. Instinctivement, il s’entoura d’une armure de glace et recula. Aucun doute, c’était Hiwire, mais avec un costume différent. Comment avait-il pu trouver sa villa ? Rapidement, tout devint clair et évident.
    ─  Shader t’a recruté, hein ? dit-il en se relevant. C’est classique : le ptit nouveau doit éliminer l’ancien pour prendre sa place. Mais t’es pas prêt d’y arriver petit !!!
    ─  Je vais te réduire en cendres, enculé !!! réplica Asher en envoyant une nouvelle décharge. Chiller la bloqua avec un mur de glace.
    ─  Tu avais l’avantage de la surprise ptit con, mais maintenant, c’est fini. Tu sais pourquoi j’te mets la pâtée à chaque fois ? C’est parce que la glace n’est pas conductrice abruti.
Sentant qu’il ne devait pas prendre de risques sur ce coup là et qu’il lui fallait en finir vite, Chiller émis la plus large et froide des ondes de glace. Cette dernière vint envelopper Asher qui ne put s’y soustraire par manque de place et avant qu’il ait eu le temps de réagir, il se retrouva pris dans un bloc de glace impossible à briser.
Chiller tomba à genou sous l’effort qu’il venait de produire.
    ─  J’t’ai tout balancé là … jamais tu pourras sortir de cette prison, et surtout pas avant de mourir de froid … ou d’asphyxie. J’t’autopsierai moi-même, par curiosité. J’ai une formation de médecin légiste, tu sais. J’ai juste jamais eu la patience d’attendre que les gens soient morts avant de les ouvrir. Wah, tu m’as forcé à épuiser mes dernières forces. Je vais m’chercher un ptit remontant. Essaye de rester encore un peu en vie, j’aimerais assister à ta mort.
Ne portant aucune attention aux propos de Chiller qui se dirigeait vers la cuisine, Asher se concentra. Il sentait déjà le froid l’engourdir et devait faire vite s’il voulait s’en sortir.
Il généra un courant à la surface de sa peau moite et en augmenta l’intensité jusqu’à la limite du supportable au niveau chaleur. De toute façon, la sensation de brûlure n’était rien comparée à la douleur qui lui vrillait la tête. Petit à petit, la glace à l’intérieur du cocon commença à fondre. Asher amplifia encore la puissance du courant et le fit passer dans l’eau ainsi créée. La glace fondit de plus en plus vite. Au bout de quelques minutes, il pu se libérer de l’étreinte glacée qui l’immobilisait. Le temps de la revanche était arrivé. Pas de la vengeance, car au fond Chiller n’avait jamais rien fait d’autre que se défendre contre les tentatives d’arrestation d’Hiwire, mais de revanche vis-à-vis de celui qui l’avait maintes fois humilié. La colère monta en lui, l’humidité qui avait imprégné son nouveau costume s’évaporait maintenant, et quand Chiller revint dans la pièce avec une bière pour assister à la mort de son ennemi, il se retrouva face à un spectre fulminant. Il lâcha sa canette de stupeur. Pour la première fois de sa vie, il eut peur du lanceur d’éclairs et avant d’avoir eu le temps de réagir, ce dernier lui envoya tout ce qu’il avait en réserve. Quand il laissait la fureur l’envahir, ses réserves étaient quasi inépuisables.
Autant la veille les décharges assommantes d’Hiwire avaient été tétanisantes plus que douloureuses, autant celles d’Asher brûla Chiller de l’intérieur. Il n’eut néanmoins que peu de temps pour sentir ses yeux éclater et ses organes se liquéfier tant Asher laissa librement, et ce pour la première fois depuis qu’il avait ce niveau de puissance, sortir l’électricité qu’il avait en lui. Asher contempla son ennemi prendre feu et continua jusqu’à ce qu’il mérite vraiment son nouveau nom de faiseur de cendres.
Sous la chaleur, la villa prit elle aussi feu et l’ancien super héros sortit juste à temps pour ne pas périr dans les flammes.
Satisfait d’avoir mené à bien sa première mission pour Shader et de s’être prouvé qu’il était plus fort que Chiller, il ramassa le sac qu’il avait laissé à l’écart de la maison et s’envola.
Repassant en ville, il passa devant la porte du QG de l’Escouade et lâcha son chargement. Puis, il fila dans sa nouvelle villa de l’autre coté de la colline.

Ayant entendu le bruit du passage d’un homme volant (en fait, il savait très bien de qui il s’agissait), Avatar couru vers la porte et l’ouvrit, espérant que son jeune ami était revenu sur sa décision. Il trouva le sac et fouilla dedans. Il en sortit le costume rouge et jaune de son ancien élève. Ses yeux s’embuèrent.
    ─  Je l’ai vraiment perdu …


Part 5


Vince arriva à sa nouvelle villa au milieu des montagnes. Il put y pénétrer sans se cacher vu qu’il n’y avait aucun voisin. Sa mission accomplie, il avait maintenant le temps d’en faire un peu plus le tour. Un salon immense avec tout l’équipement hi-fi vidéo dernier cri, une salle de bain avec jacuzzi (produire de l’électricité ne l’empêchait pas d’adorer l’eau. De toute façon, il lui était impossible de s’électrocuter.), une salle de sport détente tout équipée et une grande chambre. Il y laissa son costume et se rendit à la cuisine pour se faire un encas. Le frigo était plein de bonnes choses et il se fit un sandwich au pain de mie avec du jambon, des tranches de cheddar et de la mayonnaise. Il se servi un grand verre de Coca auquel il ajouta une dose conséquente de Jack Daniel’s pour fêter sa victoire. Il se posa sur le superbe canapé en cuir et alluma le plasma 102 pouces qui trônait dans le salon. Au moins, ses problèmes financiers étaient réglés. Il n’avait plus à se demander comment payer son loyer et faire ses courses et c’était vraiment une bonne chose. De plus, ses nouvelles missions pour Shader étaient plus claires que celles qu’il accomplissait pour Avatar. Réduire Chiller en cendre était sans doute possible une bonne chose pour l’humanité. Un bruit venant de l’ordinateur situé à quelques mètres le sortit de ses pensées. Il venait d’un message envoyé par Shader. Il le lu avec attention.
Félicitations pour le succès de ta première mission. Je t’accorde deux semaines de repos avant la prochaine, profites-en bien pour te reposer et étudier. A ce sujet, tu es à 30 minutes de ta fac le matin en y allant avec la nouvelle voiture qui dort dans le garage. Elle n’a rien d’ostentatoire mais est très justifiable auprès de tes amis. Je te fais confiance à ce sujet. Une fois de plus, bravo. Recharge tes batteries, mon acolyte, ta prochaine mission sera d’une importance capitale.
Vince fût touché et amusé par ce message. Touché car il pensait Shader plus froid, plus métallique et amusé car il n’avait au fond pas d’amis auprès de qui il aurait à se justifier. Néanmoins, il savoura d’avance le fait d’avoir au moins 15 jours de vie normale.
La voiture était une compacte d’occasion plutôt sympa. Il savoura de vivre normalement pendant ces deux semaines. En fait, alors qu’on aurait pu penser qu’il en profiterait pour faire la fête, il en profita surtout pour … dormir. Le combat avec Chiller l’avait vidé. Il dormit même plutôt bien. Ne plus sauver personne était en fait plus simple qu’il le pensait. Ça lui évitait de se torturer la tête avec des questions du genre : Et si deux avions tombent, je sauve lequel ? Celui avec le plus d’américains parce qu’en tant qu’américain j’accorde une plus grande valeur à la vie de mes compatriotes ? Et si y’a que des américains, ceux de mon état, de ma ville, de mon quartier ? Au moins, il laissait la nature et le hasard faire son œuvre. La mort était après tout un élément naturel de la vie quand elle était accidentelle. Moins quand elle était provoquée par une ordure comme Chiller ou une négligence (pour être gentil) des gouvernants. Il y avait tellement de morts provoquées par des politiciens qui laissaient perdurer des situations connues comme létales pour faire des économies qu’il en était malade. Là, il avait sa carte à jouer pour sauver des innocents. Il se sentait vraiment bien dans son nouveau rôle. Il pouvait laisser libre court à sa colère. Tout n’avait-il pas commencé avec la colère ? Il était affranchi des entraves administratives et pouvait agir sur proposition de Shader pour rendre le monde meilleur.

Plusieurs fois dans la semaine, Avatar l’appela sur son portable, mais Vince ne répondit pas. Il n’écouta même pas les messages qu’il laissa sur sa boite vocale. Plus surprenant, il eu quelques appels de Dawn, Swift dans l’Escouade, qui s’inquiétait pour lui. Il n’avait jamais vraiment sympathisé avec les autres membres de l’escouade, à part bien sûr Avatar et un peu Bulldozer et il fût surpris de l’intérêt que lui portait la jeune fille. Il écouta les messages qu’elle lui laissa et senti une fébrilité dans sa voix. Il avait vu quelques fois Dawn en civil et c’était une très jolie fille. Un peu plus jeune que lui, apparemment. Mais il ne l’avait jamais considéré autrement que comme une collègue de travail.
Quand elle lui téléphona de nouveau le vendredi de sa seconde semaine de vacance, il répondit et accepta d’aller prendre un verre avec elle le soir même à condition qu’elle n’en parle pas à Avatar.
Ils passèrent un agréable moment et Vince sentit que la jeune fille (elle avait deux ans de moins que lui) était très attirée par lui. Mais malgré sa nouvelle situation, il savait qu’il n’avait toujours pas la place pour une relation sérieuse. Il sentait bien que Shader allait l’accaparer plus que ne le faisait Avatar et parce qu’elle faisait partie de l’Escouade, il ne pourrait jamais être totalement franc avec elle.
Aussi, il se ferma complètement à la beauté de la jeune fille. A la beauté de ses yeux, à la beauté de son esprit et à la beauté de l’amour qu’elle mourrait d’envie de lui offrir. Il se contenta d’être courtois, lui offrit le restaurant et les verres mais ne la raccompagna pas.

Vince rentra plus seul que jamais dans son antre. Il commençait à comprendre que son pouvoir, quelque soit le camp pour lequel il œuvrait, serait toujours un frein à sa vie sociale. Pour autant, comment aurait-il pu y renoncer ? Il avait tant progressé, il pouvait tant faire pour le monde, pour les gens, qu’il lui serait insupportable de vivre pour lui. Non, pouvoir faire le bien méritait vraiment un tel sacrifice.
Un message de Shader l’attendait sur son ordinateur :
Profite de ton dimanche, je passe te voir demain pour ta prochaine mission …


Part 6


Vince se leva lundi matin vers 8h30. Il n’avait pas de cours le lundi matin, aussi s’était-il octroyé une petite grasse mat’. Il se dirigea vers la cuisine pour se faire un expresso dans sa superbe machine italienne.
    ─  Prêt pour ta nouvelle mission ?
Vince sursauta. Il n’avait ni vu ni entendu arriver Shader.
    ─  Tu m’as fait peur !!! Dit-il en riant.
    ─  J’aime bien surprendre les gens, lui répondit l’homme noir. Voici ta nouvelle mission, enchaîna Shader. Il s’agit de braquer une banque. Mais pas n’importa laquelle. Cette banque sert de réserve pour les liquidités secrètes du gouvernement. C’est une de leur cagnotte cachée. Viens voir sur le net.
Shader indiqua à Vince l’adresse d’un site Internet sécurisé réservé aux banquiers qui spécifiait le montant de l’argent liquide contenu dans les coffres des différentes banques du pays.
    ─  Regarde, la Eastern Bank de la 8ème rue n’est sensée n’avoir que 200 000 dollars dans ses caisses. Tu vas donc aller visiter ses coffres et s’il y a plus, tu le prends. Quand tu en ressortiras, il devra toujours y avoir 200 000 dollars dans les coffres.
    ─  Comment je procède ? demanda le jeune homme qui n’avait jamais braqué de banque.
    ─  Tu commences pas envoyer une impulsion électromagnétique pour désactiver l’alarme, puis tu entres discrètement pas derrière. Tu pourras ouvrir en générant un arc électrique qui fera fondre le métal. Je ne doute pas que ta maîtrise de tes pouvoirs te permettra de mener cette mission à bien. Plus tu seras discret, mieux ça se passera.
    ─  Je fais ça quand ?
    ─  Quand tu seras prêt mon jeune acolyte. Prends des PC portable et va t’entraîner à les flasher à distance dans le désert.

Vince avait toujours été un bosseur. Il alla donc s’entraîner après les cours, durant son temps libre et même certaines nuits rendues claires par la pleine lune. En une semaine, il arriva à moduler ses décharger électriques pour en faire des ondes électromagnétiques capable de mettre définitivement hors service à distance n’importe quel appareil doté d’électronique.
Par contre, comme tout effort qu’il faisait pour canaliser ses décharges, que ce soit pour les rendre non létales ou les modifier, cela lui causait des mots de têtes à la limite du supportable. Il en parla à Shader même s’il doutait que ce dernier puisse l’aider.
Le soir même, son nouveau mentor passa le voir à la villa. Vince lui expliqua son problème.
    ─  Je dois voir ce qui se passe dans ta tête, mon acolyte. Me l’autorises-tu ?
Vince fut étonné de cette demande.
    ─  Bien sûr, vas-y Lui répondit-il.
    ─  Tu sais, je ne fais de l’intrusion mentale sans consentement que quand c’est inévitable pour avancer dans ma quête. Bon, génère une onde qui te fait du mal pour que je voie comment ça se passe dans ta tête.
Vince fit sortir une décharge de très faible intensité entre ses doigts. Rapidement, il sentit comme une brûlure dans son crâne.
    ─  Je vois, dit Shader, j’ai compris. Imagine que tu veuilles faire passer de l’eau venant d’une grosse canalisation dans un petit tuyau sans entonnoir, il se passe quoi ?
    ─  L’eau déborde autours du tuyau. Répondit Vince.
C’est ça. Refait la même chose en essayant de ralentir ton flux primaire et de le modeler. Ne l’étouffe pas, sculpte le. Ne le subit pas, domine le. Normalement, tu devrais éviter les débordements.
Vince recommença, se concentrant non plus pour étrangler son courant initial mais en essayant de le ralentir et de le formater pour l’obtenir sous la forme souhaitée.
    ─  C’est mieux s’écria-t-il tout content. Je retourne m’entraîner et te tiens au courant. Merci de ton aide.
Décidément, Shader ne cessait de l’étonner. D’un point de vu humain, il s’avérait être un bien meilleur mentor qu’Avatar même s’il semblait plus froid de prime abord. D’un point de vue aptitudes, il était immatériel, pouvait se glisser dans l’ombre, se transformer en fumée et même pénétrer les esprits. Vince se demanda quels autres pouvoirs il pouvait bien avoir.


Part 7


Vince retourna dans le désert, et maintenant qu’il était débarrassé de ses maux de tête, il pu plus facilement canaliser et moduler ses décharges avec précision. Après une semaine de plus, il fût assez précis pour pouvoir cibler la zone visée. Il ne s’agissait pas de plonger tout le quartier dans le noir.
Pour ce qui était de créer l’arc électrique, ce fût plus facile : il lui suffisait de placer ses doigts à quelques centimètres du métal et de faire passer un courant de très forte intensité entre eux pour faire fondre le métal. C’était mieux qu’un chalumeau.

Une fois prêt, il alla plusieurs nuits de suite en repérage. La banque ne semblait pas trop gardée, ce qui était logique vu qu’elle n’était pas sensée contenir beaucoup d’argent. Il repéra l’entrée de service. En observant les allées et venues, il vit qu’il n’y avait que trois gardes dans la banque la nuit. Il alla voir la porte de plus près. Elle n’était pas trop épaisse, elle serait rapide à ouvrir.
Le jour J, il alla se poster sur le toit de la banque à une heure du matin et envoya une impulsion électromagnétique qui parcouru le bâtiment de haut en bas. Toutes les lumières s’éteignirent. Il alla à la porte et fit fondre la serrure.
Il allait enfin pouvoir vérifier si la version 2.0 du costume que Shader lui avait donné la veille était si extraordinaire. Outre le fait d’être en kevlar recouvert d’un treillissage de métal ferreux pour lui permettre de s’électrifier en combat rapproché, son nouveau masque était totalement innovant : d’aspect complètement lisse et opaque, il intégrait des caméras lui permettant d’avoir une vision sur 270 degrés et s’adaptaient automatiquement aux conditions de lumière pour qu’il y voit toujours comme en plein jour. Cette nouvelle tenue noir brillant veinée de bleu vif lui donnait un aspect bien plus impressionnant qu’avant, surtout avec cette face d’obsidienne qui semblait si dure quand on la regardait. Il allait maintenant utiliser la vision nocturne pour surprendre les gardes dans l’obscurité.
Il pénétra dans le l’édifice plongé dans le noir. Immédiatement, les écrans de vision placés devant ses yeux lui présentèrent une image lui permettant de se diriger sans problème. Il sentit néanmoins son rythme cardiaque s’accélérer. Un mélange de peur et d’excitation l’envahissait. Il était en train de braquer une banque !!! Il ressentait un mélange de honte et de cette exaltation coupable qu’a un enfant quand il vole un bonbon à la boulangerie. Il gardait en tête qu’il allait avoir à neutraliser des employés innocents qui le cas échéant n’hésiteraient pas à lui tirer dessus. Il savait en outre qu’une balle de plomb était trop rapide pour être déviée par ses champs magnétiques.
Il arriva au poste du garde. Celui-ci s’éclairait avec son briquet vu que même les torches électriques étaient hors service. Asher l’assomma d’une décharge sans qu’il ne vit rien venir. Il prit de quoi l’attacher et le bâillonner dans son sac et parti à la recherche des deux autres gardes. Il avançait sans bruit dans les couloirs et entendit le deuxième garde un peu plus loin. Apparemment, il avait aussi un système d’amplification auditive. Il le vit. Ce dernier avançait lentement une main contre le mur et l’autre devant lui. Asher se rapprocha de lui en silence et lui prit son revolver. Le garde fit volte face.
    ─  Qui est là ? C’est toi Butch ??? Demanda-t-il affolé.
    ─  Noooooooon, c’est pas Butch … répondit Asher. Son masque rendait sa voix bien plus grave, limite inhumaine.
    ─  Qui êtes vous ? Que voulez vous ? Asher vit le garde porter la main à son holster vide.
    ─  Mets-toi à genoux les mains derrière le dos ou il va t’arriver de vilaines choses.
Le garde obtempéra sans discuter. Asher fût étonné de l’impact qu’avait son nouveau costume (surtout sa nouvelle voix) sur le garde.
Il fit de même avec le dernier garde. Il s’amusa à lui faire peur au point que ce dernier pissa dans son froc. Il eut un peu honte d’avoir été aussi méchant mais ce n’était pas grave après tout. Il était maintenant débarrassé d’éventuel gêneur.

Il arriva au coffre et commença à la faire fondre. La chaleur dans la salle devient dérangeante mais il vint à bout de la serrure en moins d’un quart d’heure. Générer un courant aussi fort en intensité était plus relaxant que fatiguant pour lui. Il n’avait à faire d’effort pour réguler sa puissance, juste à la laisser sortir. A un moment, il cru percevoir un mouvement furtif.
    ─  Swift ? Pensa-t-il à haute voix. Mais non, il n’était plus dans l’Escouade, il travaillait seul maintenant.
Il entra dans le coffre. Il rassembla l’argent au milieu de la pièce. Il y avait majoritairement des liasses de billets de 50 et 100 dollars. Il laissa 20 liasses de billets de 100 dans le coffre, soit un tout petit tas qui valait tout de même 200 000 dollars et remplit son sac à dos avec le reste. Il laissa aussi les petites coupures et ne prit que les liasses de 500 et 100 dollars. Son sac étant plein, il devait avoir dans les 5 millions de dollars à l’intérieur. Une si grande somme dans un si petit sac se dit-il.
Il sortit de la banque tranquillement.
    ─  Pose ce sac et rends toi !!! Lui cria une voix. C’était Avatar et l’Escouade …


Part 8


Avatar, Swift, Bulldozer, Doc Tronic et Dismover lui faisait face. Tous flottaient dans les airs sauf Swift qui préférait courir.
Asher fut content pour deux raisons : D’abord, il n’avait pas été remplacé, ensuite, ses anciens coéquipiers ne l’avaient pas reconnu. Cela lui donnait un court avantage : la surprise. Grâce à son casque, il perçut le déplacement de Swift venant lui arracher son sac des mains. Il la laissa faire. De toute façon, il lui faudrait vaincre l’Escouade pour s’en sortir.
Dismover était la plus dangereuse à ses yeux mais dès qu’il l’aurait électrocutée, les autres sauraient qui il est et il perdrait l’avantage de la surprise.
Cette dernière posa Avatar et Bulldozer au sol et chercha du regard des objets à lancer à leur ennemi. Ce masque impavide la terrifiait.
Elle s’appelait en réalité Jenny Mac Carty, ce qui faisait beaucoup rire ses amis à l’époque où elle en avait. Elle avait été une enfant très maladroite, faisant constamment tomber plein de choses, cassant tout ce qu’elle touchait et elle en arrivait même à blesser ses copines par inadvertances. Tout avait changé la nuit de ses premières règles. Elle se souvenait avoir été réveillée par sa mère qui hurlait, d’être tombée dans son lit qui venait de s’écraser au sol et d’avoir entendu un énorme fracas.
Si sa mère avait hurlé, c’est qu’en allant voir si sa petite fille de 14 ans à qui elle avait expliqué ce qu’étaient ces saignements dormait bien, elle l’avait trouvée flottant un mètre au dessus de sont lit, lui-même un mètre au dessus du sol et que tous les objets de la pièce étaient collés au plafond. Dès qu’elle cria et que sa fille se réveilla, tout retomba au sol. Le fait que son père son ingénieur et sa mère professeur de sciences physiques lui avait évité un exorcisme. Il faut dire que le film du même nom était sorti l’année d’avant et avait pas mal marqué les esprits.
Jenny pu donc tranquillement apprendre à utiliser ses dons de télékinésie qui lui permirent de ne plus rien faire tomber. Elle arriva en effet à compenser sa maladresse et à prendre confiance en elle. Elle passa de très bonnes année au lycée et à la fac, ayant de nombreux amis, sortant régulièrement. Elle maîtrisait totalement ses facultés et se sentait bien. Elle eut plusieurs petits copains mais rien de très sérieux jusqu’à Brad. Ah, Brad … elle l’avait voulu, elle lui avait couru après, elle l’avait courtisé encore et encore et elle l’avait eu !!! Ils allèrent ensemble au bal de la promo et passèrent la nuit chez les parents de Brad partis en weekend. Jenny se donna à lui totalement et pour la première fois connut l’ultime plaisir des sens. Pour la dernière fois aussi vu l’effet que cela produisit sur elle. La maison des parents de Brad décolla du sol pour se poser sans douceur 200 mètres plus loin. Les autorités locales conclurent à un phénomène climatique très localisé (être dans le Kansas avait aidé à faire penser à une tornade.) mais Brad et elle n’eurent guère de doute sur l’origine du phénomène. De ce jour, Jenny n’eut plus jamais de rapports intimes avec un homme. C’était bien trop dangereux. Elle fût recrutée par Avatar à ses 30 ans. Elle continua à avoir une vie sociale jusqu’à la mort de ses parents puis décida ensuite de cesser d’être Jenny pour être Dismover à plein temps. Elle s’installa au QG de l’Escouade de manière permanente tout comme Avatar et continua à travailler son aptitude. Elle pouvait maintenant déplacer l’ensemble de l’escouade grâce à ses pouvoirs.
Elle avait trouvé quelques containers à jeter à l’homme en noir quand celui-ci passa à l’attaque : il tendit les bras vers Doc Tronic, comme s’il lui lançait un ballon de basket et se dernier tomba au sol comme une masse.
Asher ayant grillé tous les gadgets électroniques de Doc Tronic avec une onde électromagnétique, il profita de la stupeur du reste des équipiers de se dernier pour envoyer à Dismover une décharge qui lui fit perdre immédiatement conscience. Tandis qu’elle tombait comme une masse, il enchaîna en électrocutant Bulldozer. Ce dernier l’avait senti venir et esquiva la décharge.
Bulldozer, Kevin Dunn de son vrai nom, n’était pas un gros bourrin comme son nom pouvait le laisser croire. Il avait en fait le pouvoir de désassembler les agglomérats. En touchant le plus dur des bétons, il arrivait à le faire retourner à l’état de ciment, sable et eau. Il avait, parallèlement à son don, travaillé le combat au corps à corps afin d’être plus efficace dans l’escouade. Dès le premier éclair, il su que l’homme en noir était Hiwire. Il connaissait sa façon de combattre et plongea un instant avant la décharge. Cependant, il n’était d’aucune efficacité contre lui sauf à lui faire écrouler un immeuble sur la tête, ce qu’il ne pourrait lui faire. Il l’aimait bien ce petit. Il tourna la tête vers Avatar. Lui aussi avait reconnu Hiwire, il était décomposé.
Swift se précipita sur Asher. Avatar n’eut pas même le temps de la retenir que ce dernier la fauchât en pleine course d’un éclair lancé par réflexe. Swift perdit conscience un instant et ,emportée par son élan, alla heurter un lampadaire. Les trois hommes entendirent le craquement de sa colonne vertébrale contre le métal. Asher invectiva Avatar.
    ─  Tu vois où mènent tes missions inutiles ??? Trois membres de l’Escouade sur le carreau pour un vol qui n’en est officiellement pas un !!!
    ─  Mais enfin, Vince !!! Ce sont les réserves secrètes de l’Escouade que tu braques. Que voulais-tu qu’on fasse d’autre ?
    ─  Arrêter d’être à la solde du pouvoir en place !!! Donne moi ce sac Av’, sinon ça va mal finir.
    ─  Non Vince. Si tu le veux, il faudra me tuer, lui répondit son ancien mentor.
    ─  Ne te mets pas en travers de ma route, je suis bien plus puissant que quand je t’ai quitté !!! Cria le jeune homme.
Tandis qu’Asher avançait vers Avatar, Bulldozer essaya de s’interposer. Une large décharge qu’il ne put éviter le mis immédiatement KO.
    ─  Donne-moi le sac ! Dit froidement Asher qui faisait maintenant face à Avatar.
    ─  Non ! Répondit ce dernier.
Asher lui envoya une décharge assommante.
    ─  Il faudra faire mieux que ça mon jeune ami lui lança son ancien guide. Va au bout de ta démarche ! Tu es passé de l’autre coté, alors assume ton statut de méchant et tues moi. Je sais que tu n’en as pas le courage !!!
Excédé, Asher fût pris d’une violente colère.
    ─  Tu crois ça ? Hurla-t-il. Tu vas voir pourquoi on m’appelle maintenant Asher !!!
Il laissa sortir toute la puissance de ses éclairs et foudroya Avatar sur place. Il regarda ses yeux bouillir et se mettre à fumer tandis que sa peau se racornissait. Sa chair prit feu et consumèrent ses os. L’odeur comme le bruit de chuintement de la chair devinrent insoutenables. A peine une minute plus tard, Asher regarda les cendres de son ancien ami qui n’avait même pas eu le temps de lui adresser un dernier mot. Il ramassa le sac avec l’argent. Il commençait tout juste à réaliser ce qu’il venait de faire. Il avait tué Avatar. Même s’il savait que ce dernier allait se réincarner, cela n’en restait pas moins un meurtre.
Il entendit Dismover geindre, il vit Bulldozer bouger. Il n’osa pas regarder comment allait Dawn, enfin Swift et avait déjà oublié l’existence de Doc Tronic. Il mit le sac sur son dos et s’envola vers sa villa.


Part 9


Vince arriva à sa villa au petit matin. Il avait volé quasiment toute la nuit pour essayer de se vider la tête. Il entra, jeta son sac à coté de la porte et enleva son sombre costume. Il le roula en boule et le balança à l’autre bout de la pièce. Entièrement nu, il prit une bouteille de whisky dans le bar et alluma sa chaine Hi Fi. La voix de Ben Harper emplit la pièce. Please Bleed lui implorait-elle. Il monta le son à la limite du supportable et malgré cela, le craquement lugubre de la colonne vertébrale de Dawn résonnait toujours dans sa tête. Etait-elle encore vivante ? L’avait-il tuée elle aussi ? L’odeur de la chair brûlée d’Avatar saturait ses narines. Il voyait ses yeux le fixer avant de prendre feu. Il avait tué l’homme qui lui avait presque tout appris. Il était en quelques semaines passé du héros à l’assassin quasi paricide. Mais que lui était-il arrivé. Pleurant toutes les larmes de son corps, il lâcha sa bouteille et tomba à genoux. Il ne sentit même pas le verre de la bouteille brisée lui entailler la peau ni l’alcool brûler ses plaies.
Bien sûr, à cet instant, dans cet état de fatigue et d’ébriété, Vince avait oublié la frustration et la déception qui l’avaient conduit à ne plus être Hiwire bien avant de devenir Asher. Il ne perçut pas non plus la présence de Shader, mais cela était plus logique.
 
   ─  Bel prestation mon acolyte !!! Vince leva la tête vers l’ombre qui se tenait devant lui. J’étais vraiment curieux de voir ce qu’il se passerait quand tu serais confronté à tes anciens partenaires. Tu es allé au-delà de mes espérances.
    ─  Tu savais que l’Escouade serait là ? Demanda Vince qui commençait à comprendre.
    ─  Bien sûr ! Comme te l’a dit feu Avatar, cette banque servait de réserve secrète pour financer l’Escouade. Répondit Shader en souriant.
    ─  Tu m’as manipulé … lui lança Asher.
    ─  Evidemment que je t’ai utilisé. Ce que tu es naïf jeune homme ! Et je n’ai plus besoin de toi.
Vince sentit une douleur lui vriller la tête. Shader essayait de détruire son esprit. Instinctivement, il lui envoya une décharge électromagnétique. L’emprise de l’être de fumée se relâcha immédiatement. Vince se remit sur ses pieds. Il porta la main à ses narines et constata qu’il saignait du nez. Son esprit s’éclaircissait. Apparemment, Shader n’était pas invulnérable. Ce dernier se recula un peu et sembla gonfler. Les volutes de son costume de fumée tournaient de plus en plus vite autours de lui. Ses yeux gris devinrent jaune incandescents.
    ─  Tu vas gouter à ma puissance jeune idiot cria-t-il à Asher.
Vince n’avait plus le choix. Il laissa la colère l’envahir comme jamais. Il repassa dans sa tête le craquement du cou de Dawn, visualisa les yeux d’Avatar et haït Shader comme il n’avait jamais haït personne auparavant.

La lumière du début de matinée baissa d’un coup, comme si quelqu’un avait éteint le ciel. La température extérieure chuta de près de dix degrés. Shader se figea et regarda dehors. Il pouvait sentir la puissance de son adversaire augmenter. Il devait agir maintenant. Il allait lancer son attaque quand une déflagration déchira le silence. Un éclair monstrueux venait de désintégrer le toit de la villa. Avant de comprendre ce qui se passait, il fut aspiré par le vent et se retrouva au milieu de l’orage. Vince lui faisait face, le corps nu parcouru d’une multitude d’éclairs. Shader rassembla son corps que le vent tentait d’éparpiller et se concentra. S’il voulait avoir une chance d’en finir, il devait faire exploser la tête de son opposant d’un coup. Mais un fois encore, Vince fut plus rapide que lui. Il créa une cage d’électricité polarisée qui enserra les effluves de Shader. Vince vit avec plaisir ce dernier grimacer quand des parties de lui touchèrent la cage. Il concentra toute sa puissance pour maintenir l’intégrité de la cage. La pluie cinglait son corps tandis que le vent le ballotait comme une feuille morte. Shader mit toutes ses forces à tenir les mailles électriques à distance ce qui l’empêchait de riposter. Le statu quo entre les deux hommes dura des heures dans un des plus violents orages que cette région ait connu. A bout de force l’un comme l’autre, les combattants commencèrent à redescendre vers le sol tandis que l’orage se dissipait avec la colère de Vince.
Même s’il sentait que la résistance de Shader était maintenant vaincu, il n’avait plus la force de quoique ce soit. Il regarda le sombre personnage qui pour une fois gardait le silence.
    ─  Tu as compris que je pourrais désintégrer tes molécules si je le voulais … Shader resta muet. Mais pour être honnête, je mourrais sûrement d’épuisement en le faisant ett même si j’ai très envie de mourir, j’ai des fautes à racheter. Je vais donc te laisser partir, Shader. Mais prends garde à ne pas recroiser ma route. Peut être que la prochaine fois j’aurais soldé mes dettes et que je pourrais en finir avec toi.
Shader s’enfuit le plus vite qu’il pu.

Vince se retrouva seul au sommet de la colline, entièrement nu. Il n’avait plus de maison, plus d’amis, plus de vêtements et pas un dollar en poche. l n’avait même plus de poche.
Il s’assit sur un rocher et repensa à tout ce qu’il venait de vivre.
Il ne pourrait plus être Hiwire, sauvant tout le monde et n’importe qui sans discernement ni reconnaissance. Il avait perdu la candeur de ses débuts.
Il ne pourrait plus être Asher, réduisant en cendres amis et ennemis à la solde d’une noire puissance.
Il avait maintenant pris conscience du monde dans lequel il vivait, plein de corruption et compromission. Il devait trouver sa place dans tout ça. Il n’avait pas le droit d’abandonner le combat. Il avait un don et devait s’en servir. Il lui restait juste à trouver la meilleure façon de le faire. En tout cas, son affrontement avec Shader lui avait permis de trouver son nouveau nom …


Epilogue :


Vince se rendit à l’hôpital où Dawn était soignée trois jours plus tard. Arrivé dans le service où elle était, il croisa Bulldozer. Il se doutait qu’il serait là, mais Vince avait décidé de ne plus fuir les affrontements. Il préférait faire face à son ancien ami.
   ─  T’as du culot de te pointer ici, petit salaud !!! Lui cracha Bulldozer. Je ne sais pas c’qui m’retient de …
   ─  De faire écrouler l’immeuble ? De me sauter dessus en plein hôpital ? C’est peut être le bon sens qui te retiens, Kev’ … lui répondit calmement Vince.
   ─  En tout cas, t’as sacrément merdé connard.
   ─  J’ai agis selon ma conscience. Au final, Doc et Dis se remettrons, Avatar va renaitre, toi, tu vas bien et je sais maintenant qui je suis … Et surtout que je suis assez fort pour détruire Shader.
   ─  Pt’ê’te bien, mais en attendant, la ptite courra plus jamais. Il n’est même pas sûr qu’elle puisse réutiliser ses bras un jour.
Paralysée … c’est ce que craignait Vince. Connaissant Dawn, elle ne le supporterait jamais, elle qui aimait aller voir le lever de soleil de la cote Est à la cote Ouest en se déplaçant plus vite que lui allait être anéantie d’être clouée dans un fauteuil.
   ─  Ceci est une des fautes que je dois racheter, Kev’.
Sur ces mots, il quitta l’hôpital. De longues quêtes l’attendaient. D’abord, trouver une personne ayant le pouvoir de guérir Dawn et trouver un moyen honnête qu’il accepte de le faire. Ensuite, retrouver Avatar et veiller sur lui jusqu’à ce qu’il soit en âge de le faire. Enfin, faire en sorte que le monde aille un tout petit peu mieux grâce à lui.
Il avait abandonné tout costume, il n’était pas un super héros. Juste un homme avec des capacités hors norme, comme un sprinter ou un plongeur en apnée. Il garderait juste un nom de bataille pour marquer les esprits. Un nom qui parle à tous, qui évoquerait immédiatement sa colère, sa puissance, son grondement : son nom serait Storm.

Par Warfair Eat Hell - Publié dans : Hiwire - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 09:09

Vince flottait au dessus de Los Angeles. Il regardait le soleil se coucher. C’était la veille de Noël et il se sentait las. Pour lui, cela faisait bien longtemps que cette date n’était plus synonyme de joie. Il allait passer un réveillon de plus seul dans sa chambre d’hôtel. Le lot des fugitifs se consolait-il.

Cette semaine, il avait détruit un laboratoire clandestin de fabrication de crack implanté dans les downtown, coincé un pédophile multi récidiviste et évité à un avion d’une compagnie africaine de se crasher suite à l’avarice des propriétaires de ce dernier. Il avait profité d’être là-bas pour servir de générateur électrique à des foreuses de puits dans des villages.

Il avait beaucoup parcouru le monde ce derniers temps et partout s’offrait à lui le spectacle de la violence, la corruption et l’avidité. Mais plus grave, il voyait que les gens étaient de plus en plus pourris par la société dans laquelle ils vivaient. Lui pour qui chaque watt avait de l’importance regardait d’un œil désespéré les habitants des pays riches se gaver pour ensuite essayer d’éliminer le surplus de calories absorbées. Il serait pourtant si simple de moins manger. Mais les lobbys industriels poussaient encore et encore les individus à consommer et donc à cautionner le système de l’argent roi. Des Iphones juste pour parler dedans, des télévisions écran plat dans chaque pièce, un GPS pour aller tous les jours au travail par le même chemin, de crèmes antirides à 20 ans. Lui dont le plus grand plaisir était gratuit regardait tout cela avec un dégoût grandissant.

 

Le soleil était maintenant couché. Il n’était pas tard et les rues de la grande ville étaient encore pleines de monde. Il se posa dans une ruelle pour ne pas attirer l’attention et se mêla à la foule. Il ne pouvait s’empêcher de penser à Lapani et à la promesse qu’il lui avait faite. Elle lui manquait tellement. Il aurait tant aimé la serrer dans ces bras en ces instants. Mais elle n’était plus là, c’était ainsi. De toute façon, l’arrivée de ses pouvoirs l’avait condamné à la solitude, il s’y était habitué. Penser à Lapani lui donna envie d’aller passer cette soirée obscène dans la jungle amazonienne, loin de ces orgies.

Tout en pensant à cela, il déambulait dans les rues. Il voyait les consommateurs sortir les bras chargés d’un grand magasin. Au coin de celui-ci, un petit garçon en haillon se tenait avec ses parents qui essayaient de vendre des magazines au profit des sans abris. Dans ses yeux, Vince lu de l’incompréhension vis-à-vis de cette effervescence. Ce petit bonhomme n’aurait pas de jouet fabriqué en RPC au pied du sapin demain matin. Il n’avait peut être même pas de sapin. Les gens passaient devant eux sans les voir. La peur que ce soit contagieux sans doute. Vince se dirigea vers une ruelle pour s’envoler quand il vit une petite fille qui venait de sortir du grand magasin avec son papa se diriger vers l’enfant en guenilles. Elle lui parla mais il était trop loin pour entendre. Après cinq minutes de discussion, elle retourna vers son père, pris un des nombreux paquets dans les sacs qu’il tenait et retourna le donner au petit garçon. Celui-ci lui fit une bise sur la joue et sauta de joie. Vince fût estomaqué. L’être humain était peut être bon de nature finalement. Ce monde valait peut être la peine qu’on le sauve.

 

Il se rendit dans une ruelle et s’envola. Mais au lieu d’aller en Amérique du sud, il se rendit en Inde. Il atterrit près d’une petite maison en pleine campagne. Le soleil se levait, offrant à ses yeux un spectacle magnifique. Malgré l’heure matinale, il frappa à la porte et Adil vint lui ouvrir.

    ─  Vince !!! Quel plaisir que tu sois venu lui dit-il en hindi. Entre, ne reste pas dehors.

    ─  Quel plaisir de te voir lui lança Nirguna depuis la cuisine. Tu veux manger quelque chose ?

    ─  Merci, mais je n’ai pas très faim. Je voudrais juste me reposer un peu. Jivan dort ?

    ─  Je suis levé Vince. Joyeux Noël mon ami lui lança le petit garçon.

    ─  Joyeux Noël Av’ lui répondit Vince. Il prit le petit garçon dans ses bras et pleura.

Par Warfair Eat Hell - Publié dans : Hiwire - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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